Saint Sever et ses personnages célèbres
03/03/2012 16:00Quelques hommes de Saint-Sever ont marqué leur époque dans différents domaines en se mettant au service des autres .......
Alexis de BASQUIAT-MUGRIET (1757-1844)
Député du Tiers Etat aux Etats généraux, il était partisan des idées nouvelles...
Naissance à Saint-Sever le 6 avril 1757 - Décès à Saint-Sever le 23 décembre 1844.
Issu d'une famille de haute bourgeoisie qui venait d'accéder à la noblesse, il était fils de Jean-Pierre, lieutenant particulier au siège de Saint-Sever, et de Marie-Thérèse Batz. Il remplaça son père dans ses fonctions de subdélégué de l'intendant à la fin de l'Ancien Régime.
Député du Tiers Etat aux Etats généraux, élu le 1er avril 1789, il était partisan des idées nouvelles mais il ne les manifesta pas dans l'Assemblée constituante.
Mêlé ensuite d'assez loin au mouvement fédéraliste de Saint-Sever, il accepta pendant la Terreur un poste de professeur de physique et de chimie à l'Ecole Centrale des Landes.
Maire de la ville de Saint-Sever, il fut délégué au couronnement de Napoléon 1er en 1804, puis président du conseil général (1811-1812).
De son mariage avec Augustine Pujas, il laissa cinq enfants : François avocat à Saint-Sever, et quatre filles : Anne-Marie, femme de Joseph-Marie de Basquiat-Toulouzette, Marie-Françoise, épouse de François Marrast, Catherine, femme de Morency, et Françoise, épouse d'Achille de Labadie.
(Notice de Jean-Claude Drouin, extraite du dictionnaire biographique, Mémoire des Landes, 1991).
Antoine Simon DURRIEU (1775 - 1862)
D'abord destiné à l'état ecclésiastique, il rejoint en 1793 le corps des Gardes Nationaux et se bat pour Bonaparte. Valeureux combattant, plusieurs fois décoré, il est fait prisonnier par les Prussiens en 1814. Sa carrière militaire ne s'arrêtera qu'avec son élection, le 31 janvier 1834, comme député de la circonscription de Saint-Sever .....

Destiné à l'état ecclésiastique, le jeune Antoine, Simon Durrieu fut envoyé au séminaire d'Aire sur Adour. Mais la Révolution ayant fermé les séminaires, le jeune homme travailla quelque temps à Bayonne dans un comptoir, puis, à l'âge de 18 ans, rejoignit en 1793 le corps des Gardes Nationaux de Bayonne. Il est en janvier 1794, élu capitaine au 6e bataillon de volontaires des Landes.
Ayant suivi Bonaparte à l'armée d'Orient, il se signala lors de la prise de Malte et la bataille des Pyramides. Il rentre en France en 1799. Il participe, avec l'Armée du Rhin puis avec l'Armée d'Italie, à de nombreuses victoires. Sa carrière se poursuit alors en Italie. Devenu aide de camp du général Maximien Lamarque, il le suit à la Grande Armée, et sa conduite à Wagram en 1809 lui vaut le grade de colonel. En 1812, il participe à la retraite de l'armée française et tient pendant trois mois, jusqu'à l'arrivée de secours, la place de Glogau-sur-l'Oder. Il est alors nommé général de brigade. Blessé à la bataille de Dresde, puis fait prisonnier par les Prussiens en 1814, il ne sera libéré qu'à la chute de l'Empire. Employé alors à l'organisation des corps d'infanterie de la 1ère division militaire, le général Durrieu recevra de Louis XVIII, en 1814, la croix de Chevalier de Saint-Louis et, en 1815, le titre de baron. Il servira à la bataille de Ligny, puis à Waterloo, où il sera très gravement blessé et restera sans soin sur le champ de bataille, pour être finalement relevé et fait prisonnier par l'ennemi. Rentré de captivité, il mettra dix-huit mois à se rétablir et devra attendre 1818 pour reprendre du service comme maréchal de camp au corps royal d'artillerie. Promu général de division en 1829, il recevra du roi de Grèce la grand-croix de l'Ordre du Sauveur. A la chute des Bourbons, le général Durrieu se ralliera à la Monarchie de Juillet.
Sa carrière militaire ne s'arrêtera qu'avec son élection, le 31 janvier 1834, comme député de la circonscription de Saint-Sever. Réélu en 1837, en 1839 et en 1842, il sera élevé à la pairie le 14 août 1845 par le roi Louis-Philippe, devenant ainsi le premier pair de France de son département. A nouveau représentant des Landes à la Législative en 1851, il se retirera définitivement à Saint-Sever sous le Second Empire, se refusant désormais à jouer tout rôle d'homme public et vivant du modeste héritage paternel et de sa pension militaire. Napoléon III l'élèvera en 1859 à la dignité de Grand-Croix de la Légion d'honneur.
Comte Jean-Maximien LAMARQUE (1770-1832)
Naissance le 22 Juillet 1770 à Saint-Sever - Décès le 1er Juin 1832 à Paris
Se battant pour Bonaparte, Maximien Lamarque se couvrit de gloire à plusieurs reprises. Exilé après la Seconde Restauration, il fut, dix ans après, élu député de Mont-de-Marsan ...

La jeunesse de Jean-Maximien Lamarque se déroula dans une famille aisée certes, mais de mœurs sévères. Envoyé au collège des Jacobins de Saint-Sever, dont un de ses oncles était prieur, il y fit d'excellentes études qui feront de lui un homme de vaste culture que l'attirance vers un romantisme balbutiant n'empêchait pas d'avoir l'esprit et le comportement profondément marqués par l'influence des Encyclopédistes, mais surtout par la pensée et la personnalité de Montesquieu. A vrai dire, de tous les généraux landais de la Révolution et de l'Empire, Jean-Maximien Lamarque est celui que l'éducation préparait le mieux à la carrière de grand chef de guerre et de tribun politique.
La convocation des Etats généraux le voit encore à Saint-Sever dans une atmosphère familiale dont le contexte sera profondément modifié par la désignation de son père comme député du Tiers-Etat, aux Etats généraux tout d'abord, à la Constituante par la suite. Dès mars 1790, Jean-Maximien Lamarque quittera donc sa ville natale, où, sans ces événements, il aurait vraisemblablement succédé à son père dans sa charge de procureur du roi, pour le rejoindre à Paris et parfaire ses études en suivant entre autres les cours de Chaptal, Laharpe et Champfort. Il se mêlera fièvreusement à la vie politique de la capitale, mais le Gascon étant par nature né soldat, il s'engagera au début de 1793 au 4e bataillon des Landes. Nommé lieutenant le 3 avril 1793, il deviendra le 13 mai 1793, capitaine de grenadiers dans la fameuse colonne infernale de la Tour d'Auvergne à l'armée des Pyrénées occidentales. Il s'y distinguera particulièrement en investissant, le 24 juillet 1794, avec des effectifs réduits, la place de Fontarabie défendue pourtant par 1700 hommes. Le 21 thermidor an II, il est promu chef de bataillon et sert dans l'armée du Rhin. Il participera avec éclat aux batailles d'Engen (3 mai 1800), de Moesskirch (5 juin 1800), d'Hochstaed (19 juin 1800), de Hohenlinden enfin (3 décembre 1800) où il se couvrira de gloire, ce qui lui valut, à la demande du général Moreau, de recevoir, en février 1801, les épaulettes de général de brigade des mains de Bonaparte.Il participera par la suite aux campagnes de l'armée impériale, se distinguant en particulier à Austerlitz où il commandait une brigade du 7e corps du maréchal Augereau. Il quittera alors la Grande Armée pour suivre, avec le maréchal Masséna, Joseph Bonaparte en Italie, et il participera au siège de Gaëte. Installé sur le trône de Naples, Joseph le 6 décembre 1807, nomme Jean-Maximien Lamarque son chef d'état-major, avec rang de général de division. Lorsque le maréchal Murat, grand-duc de Berg et de Clèves, succédera à son beau-frère au royaume de Naples, Jean-Maximien Lamarque se chargera le 18 décembre 1808 de prendre l'île de Capri, dont la garnison anglaise aux ordres d'Hudson Lowe, le futur geôlier de l'Empereur à Sainte-Hélène, narguait la présence française, le drapeau britannique étant visible des fenêtres même du palais royal. Ce fut l'une des plus belles actions des guerres impériales, demandant courage, audace et intelligence. De par sa configuration naturelle, l'île semblait inexpugnable ; entourée de rochers à-pic couronnés par les défenses ennemies fortement armées d'artillerie, on ne pouvait l'investir que par escalade et sous le feu nourri d'une garnison nombreuse. Dans un élan digne de la plus belle tradition gasconne, Jean-Maximien Lamarque en entreprit l'escalade à la tête de ses hommes, faisant enlever les échelles et retirer les navires pour ôter toute possibilité de repli ; il ne restait donc plus aux Français qu'à se faire décimer sur place ou à vaincre, et c'est baïonnette au canon qu'ils réussirent, après plusieurs tentatives, à enfoncer les défenses anglaises, imposant à l'ennemi une capitulation laissant aux mains des troupes françaises magasins, munitions et ateliers. Chevaleresque toutefois, et rendant hommage à la valeur de ses adversaires, le général Lamarque accorda la liberté aux Anglais qui quittèrent l'île sans armes ni bagages.
Le contexte international s'assombrissant, le général Lamarque quittera le royaume de Naples pour rejoindre dès 1809, avec sa division, l'armée du prince Eugène en Italie du Nord. Il investira Leybach où il fera 4000 prisonniers et prendra 65 pièces d'artillerie, puis rejoindra la Grande Armée à Lobau, et participera brillamment à la bataille de Wagram où, dans le feu de l'action, il aura quatre chevaux tués sous lui. Par la suite l'affaire d'Espagne mobilisant les forces françaises, Jean-Maximien Lamarque se retrouvera donc aux côtés du roi Joseph et, le 8 février 1812, remportera avec sa division la bataille d'Altafulla.
Lors de la première Restauration, le général Lamarque se ralliera, sans enthousiasme, il est vrai, aux Bourbons, mais, fasciné par la personnalité de l'Empereur, il le suivra durant les Cent jours, chargé de pacifier la Vendée qui s'était à nouveau insurgée dès l'annonce du retour de l'île d'Elbe. Il n'est jamais aisé de combattre ses compatriotes, d'autant que les insurgés, issus de milieux sociaux fort différents, bénéficiaient de la sympathie voire du soutien d'une bonne partie de la population. Au contraire de la Convention qui avait réprimé avec un aveuglement sans égal le soulèvement de 1793 et aux ordres qu'il avait d'ailleurs reçus, le général Lamarque, tout en ne perdant pas de vue sa mission, agit avec tact, honnêteté et droiture, à telle enseigne, que les chefs insurgés lui proposèrent, après la signature de la paix de Cholet, de servir " sous ses ordres, comme Français, pour empêcher toute tentative des puissances étrangères qui auraient pour but de démembrer la France ". La carrière militaire du général Lamarque s'arrêtera à la chute de l'Empire. Proscrit sous la Seconde Restauration, il ne regagnera la France qu'à la suite de l'ordonnance royale du 20 octobre 1818, mais maintenu en disponibilité, il sera mis à la retraite par Charles X, le 30 juin 1830. En récompense de ses services passés, mais peut-être aussi de son opposition au pouvoir de la Restauration, Louis-Philippe, nouveau roi des Français, l'élèvera, le 21 août 1830, à la dignité de grand-croix de la Légion d'honneur.
Vingt-cinq années durant, l'armée fut donc sans conteste une exigeante compagne pour le général Lamarque ; il convient cependant de ne pas oublier d'autres aspects de sa personnalité et de sa vie. Jean-Maximien Lamarque écrivain et Lamarque député, opposant libéral au gouvernement de la Restauration. Durant son exil en Belgique d'abord puis en Hollande, il s'adonnera à la littérature en traduisant en vers les poèmes d'Ossian, de James Macpherson que sa famille fera plus tard éditer. Dans une remarquable préface, il dépeint les moeurs des Calédoniens et étudie leur littérature, mais la traduction de ces cinq chants d'Ossian, dénote d'une grande culture et d'un romantisme éclairé. Etablissant des comparaisons avec Virgile, Le Tasse, Milton voire Voltaire, Lamarque fait également un parallèle avec Homère qu'il connaît parfaitement. Aspect peu connu certes, déconcertant même aux yeux de certains que ce romantisme chez un homme plus habitué à l'action et à la rude vie des troupes en campagne qu'à la fréquentation de salons littéraires, mais que seuls une solide éducation et l'isolement de l'exil avaient fait éclore.
De retour en France, le général Lamarque, avec un éclectisme d'esprit que d'aucuns peuvent envier, se passionne pour l'agriculture, achetant métairies, moulins et terres diverses, pensant, comme il le dit lui-même aider par ses travaux d'agronome à " humaniser " le sol aride de la Lande. En bon disciple des physiocrates, il étudie le moyen d'améliorer la condition des ruraux en préconisant l'amendement des terres, le système de l'assolement et en donnant déjà au maïs une place de choix. Pressenti pour entrer à la Société d'Agriculture des Landes, il y sera reçu le 8 juillet 1827, et son discours de réception, d'une haute tenue intellectuelle, décrit dans un style où l'on retrouve aisément celui de Montesquieu, ses efforts et ses tentatives en matière d'agronomie.
Parallèlement et bien qu'il critiquât la bourgeoisie industrielle de son époque qu'il considérait à tort ou à raison comme repoussant avec mépris et obstination tout ce qui n'était pas productif de richesses immédiates, Jean-Maximien Lamarque étend sa réflexion et publie en 1825 un mémoire sur les avantages d'un canal de navigation parallèle à l'Adour permettant en quelque sorte de désenclaver le Piémont pyrénéen et les territoires formant la haute vallée de la Garonne et le bassin de l'Adour. Ce ne fut certes qu'une simple spéculation intellectuelle sans suite pratique, mais qui a néanmoins eu le mérite de poser le problème de l'ouverture de ces régions à une économie de libre-échange avec l'extérieur voire l'étranger par le port de Bayonne. A côté de ces considérations économiques, il se peut également que ce mémoire, en souvenir des problèmes posés par la guerre d'Espagne à laquelle Lamarque avait pris part durant de longues années de façon active, ne soit pas entièrement dénué d'arrière-pensées militaires et stratégiques.
Sans commandement militaire depuis 1815 et retiré à Saint-Sever, Jean-Maximilien Lamarque ne pouvait aussi que s'intéresser à la politique, trouvant dans cette activité un exutoire à son inaction forcée. Opposant systématique, depuis son retour d'exil, à la branche aînée des Bourbons à qui il reprochait un pacifisme avilissant à ses yeux, et par fidélité également à l'Empire dont il pensait une restauration toujours possible en la personne du roi de Rome il se présenta dès 1820 aux suffrages de ses concitoyens mais ne rencontra tout d'abord que des échecs, tant dans le collège électoral de Saint-Sever que dans celui de Mont-de-Marsan. Il lui fallut attendre juillet 1828 et le décès du marquis Du Lyon, ancien maire de Mont-de-Marsan, pour que des élections partielles lui permissent d'être député en battant le 23 décembre 1828, le baron de Poyferré de Cère. Il sera réélu par le collège électoral de Mont-de-Marsan le 23 juin 1830, contre le baron d'Haussez, après que le ministre Polignac eût dissout la Chambre le 16 mai. Il ralliera la monarchie de Juillet grâce à laquelle il espère voir s'installer un véritable régime libéral, tout en continuant cependant à déplorer un pacifisme qu'il considère toujours comme incompatible avec la grandeur de la France. S'il continue à siéger à la gauche de la Chambre, il n'en reste pas moins un homme du juste milieu, considérant que les vrais libéraux sont à la fois la cible des ultras, nostalgiques de l'Ancien Régime, et des extrémistes qui veulent 1793.Il est donc peu probable que les manifestations qui accompagnèrent ses obsèques eussent eu l'assentiment de cet homme d'ordre.
Lamarque est décédé du choléra le 1er juin 1832 et ses obsèques furent, en effet, prétexte à de véritables émeutes, réprimées par la troupe, pour l'opposition républicaine ; leur ampleur fut telle que Louis-Philippe aurait même envisagé de quitter Paris. Epilogue curieux pour une vie faite certes de contrastes, mais qui terminera néanmoins sa course là où elle avait commencé, dans la chapelle familiale d'Eyres-Moncube, édifiée sur cette terre de Chalosse qui était la sienne.
(Notice de Bernard Lalande, extraite du dictionnaire biographique, Mémoire des Landes, 1991).
Léon DUFOUR (1780-1865)
Naissance le 10 Avril 1780 à Saint-Sever - Décès le 18 Avril 1865 à Saint-Sever.
Léon Dufour cumule, grâce à un travail inlassable, la pratique de la médecine et ses recherches de naturaliste ....

Léon Dufour fait ses études primaires chez les bénédictins de Saint-Sever et ses études secondaires à l'école centrale de la même ville, où son père Charles Dufour est professeur et où se révèle son goût pour l'histoire naturelle. De 1796 à 1799, il accomplit plusieurs ascensions dans les Pyrénées et en ramène une moisson d'observations et d'échantillons botaniques. En 1799, il va à Paris, suit des cours à l'école de Santé, avant d'être externe à la Salpêtrière et à la Charité ; il soutient en 1806 sa thèse de médecine. Pendant son séjour à Paris, il fréquente assidûment les séances publiques de l'Institut. En 1806, après sept ans d'absence, il revient à Saint-Sever en passant par la vallée du Rhône, la Provence, et le Languedoc : son journal de voyage est un document d'un extrême intérêt.
Après deux ans de pratique de la médecine à Saint-Sever, Léon Dufour s'engage en 1808 comme médecin à l'état-major du maréchal Moncey. De retour à Saint-Sever en 1814, Léon Dufour, succédant à son père, s'installe définitivement dans sa ville natale. Pendant cinquante ans, il cumule, grâce à un travail inlassable, la pratique de la médecine et ses recherches de naturaliste. Il est élu en 1830, membre correspondant de l'Institut.
Léon Dufour, outre son livre "Souvenirs d'un savant français", ses carnets, ses innombrables lettres, a écrit plus de trois cents articles et notices dispersés dans un grand nombre de revues. L'entomologie l'emporte de beaucoup car il eut pour les insectes une vraie passion : il apparaît un peu comme un précurseur dans l'art de les chasser, de les examiner au microscope, d'étudier leurs mœurs et de les conserver. Il fut l'inspirateur du plus grand entomologiste français : Jean-Henri Fabre.
Willy de SPENS (1911-1989)
Naissance le 17 février 1911 à Bordeaux - Décès le 25 mars 1989 à Aurice.
Ecrivain, il commence sa carrière littéraire dans le journalisme, puis écrit plusieurs romans, récompensés par plusieurs prix littéraires....

La famille de SPENS est venue en France en 1450 sous Charles VII. Patrick de SPENS fut envoyé par le Roi d'Ecosse en tant que commandant de la garde du corps des 24 gentilhommes écossais mis à la disposition de Charles VII par James II d'Ecosse, suite au mariage de sa fille avec le dauphin (mariage négocié par Thomas de SPENS, archevêque d'Aberdeen et Lord privé du Royaume d'Ecosse, frère aîné de Patrick).
Patrick de SPENS épousa en 1466 Jehanne de SAULT, fille de Peyran de SAULT, baron cavier d'Estignols, Castera, Saint-Germain, co-seigneur de Mauco et de terres en Cauna, lieutenant du sénéchal des Lannes.
A partir de son mariage, il conserva ses fonctions à la cour et fut porté sur les livres de paye des gardes Ecossais et fut investi de la garde pour le roi du chateau de Saint-Sever. Louis XI délivra des lettres de naturalité en 1474 à "son bien aimé baron...".
W. de Spens est le descendant de cette famille arrivée dans les Landes sous le règne de Louis XI et qui depuis a vécu à Aurice, tout près de Saint-Sever, dans ce château d'Estignols, considéré encore aujourd'hui comme l'une des plus belles demeures landaises.
W. de Spens a commencé sa carrière littéraire dans le journalisme en collaborant avant la dernière guerre à plusieurs revues, Combat ou la célèbre N.R.F. (Nouvelle Revue française) en particulier.
Son premier roman fut publié en 1943, et une vingtaine d'ouvrages seront par la suite édités notamment chez Laffont, Plon et en dernier lieu à La Table ronde.
Willy de Spens fréquentait le monde des lettres et comptait, parmi ses amis, Marcel Aymé, Jacques Chardonne, Antoine Blondin et surtout Roger Nimier, la plupart membres du groupe baptisé les Hussards. Ironique, pétulent et fougueux, c'est ainsi que fut qualifié Willy de Spens. Cette ironie caustique, accompagnée d'un humour noir, dévastateur, s'appliquait non seulement aux autres mais aussi à sa propre existence, même si, comme il l'a écrit, une vie fichue, c'est toujours bon à prendre.
Plusieurs prix littéraires récompensèrent certains de ses romans : celui des Deux Magots, en 1957, pour Grain de Beauté, histoire d'un cheval, rappelant que W. de Spens était le fils d'un éleveur de chevaux de course; ou encore le prix " Louis Barthou " pour Nuit des longs museaux (1978).
Dans ses derniers ouvrages, il a rassemblé ses souvenirs et mémoires en plusieurs tomes : La loi des vainqueurs, précédé de Printemps gris, Derniers étés et Le hussard malgré lui. Ils sont imprégnés d'une profonde nostalgie, malgré un très relatif apaisement au cours des dernières années de sa vie, chez cet homme qui raconte notamment la " drôle de guerre, telle qu'il l'a vécue ".
Autres publications parmi les plus connues : Quiberon (1948), Éléonore dAquitaine et ses troubadours (1957), Fontaine-française (1958), La Route de Varennes (1962), Red Boy (1982), Cyrano de Bergerac (1989).
Jean Marie COMMENAY (1924 - 1998)
Député de la troisième circonscription des Landes de 1958 à 1978, maire de Saint-Sever de 1965 à 1989, Jean Marie Commenay, avocat, fut, en tous domaines, un homme fascinant....

Le pouvoir de sa langue, exceptionnel, célèbre, dans la grande tradition, perdue de nos jours, d'un Mirabeau, embrasait les auditoires. Mais il ne fut pas qu'un homme du verbe et ses facettes, multiformes, tissèrent la légende.
Homme de terroir, passionné de Gascon, il tenait une chronique dans "Blanc et Noir". Plus tard, il sera l'instigateur du Festival Gascon puis des Félibrées.
Homme de tradition, rugby et course landaise furent ses premières passions. Les toros en furent une autre et, en donnant un rayonnement particulier aux "tertulias", il permit à la ville de Saint-Sever d'entretenir des liens particuliers et privilégiés avec les aficionados de France et d'Espagne. Il fut aussi un homme de Culture dont les ambitions, pour sa ville, furent immenses.
S'appuyant sur sa municipalité, et en particulier le Docteur Dubedat, il s'attaqua à l'énorme chantier de la réhabilitation du patrimoine Saint-Severin : cloîtres des Jacobins et de l'abbatiale, orgue, puis entreprit la création du Musée des Jacobins. Il encouragea nombre de manifestations : Reconstitution Historique, Exposition Artisanale, Festival Folklorique...Ses relations privilégiées avec les hommes de lettres et les poètes ne furent pas étrangères à la naissance de certaines manifestations, dont le Prix des Trois Couronnes et le Festival des Abbayes.
Mais terroir, culture, tradition, beaux arts ne l'empêchèrent pas d'avoir une vision économique à long terme pour sa ville, dans laquelle il souhaitait que chacun trouvât sa place. Il créa la zone industrielle agro-alimentaire, construisit l'hôpital, les logements foyers, le collège, fit acheter de vieux immeubles qui furent réhabilités puis loués, en fit détruire d'autres, ce qui permit le désenclavement des halles, de l'hôpital, de la maison des associations, participa à la création de la piscine, du stade municipal, du camping, du centre de secours...
Membre actif du parlement français, membre de la Commission de la Production et des Echanges, puis de la Défense Nationale et enfin membre de la délégation française à la XXXe Session de l'Assemblée Générale des Nations Unies, il fut l' homme si lié à sa terre qu'il refusa l'honneur d'un poste de secrétaire d'état...
Ainsi fut Jean Marie Commenay.
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